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  • Photo du rédacteurJérôme Decourcelles

VIE ET MORT D’UN POETE

Dernière mise à jour : 3 févr. 2023

Hommage à la poésie, au théâtre et à la liberté de créer, la première pièce de théâtre Vie et mort d’un poète, signée Diane Lotus, est un chef-d’œuvre, jusque dans les costumes, qui jongle avec les mots, les vers et l’histoire de l’art. Elle se joue au Théo Théâtre, dans le 15ème arrondissement, à Paris, les mercredis et dimanches jusqu’au 26 février 2023.



Vie et mort d’un poète de Diane Lotus,

La Vie et mort d’un poète raconte l’histoire de Carme, un jeune poète qui rêve d’être publié. Ce jour arrive. Il est publié par une grande maison d’édition. Il découvre la gloire, les fans, la groupie. Il découvre aussi la réalité qui se cache en catimini. Un mot d’un de ses poèmes a été changé pour un autre. Le titre du recueil a été modifié. Combat entre le poète et l’éditeur, les questions se posent sur la liberté d’expression, sur la liberté de créer.


Cette pièce de théâtre, produite par la compagnie Les Coureurs de Jardin et la compagnie l’Etendard lyrique, trouve son origine dans l’envie de poésie. Judy Passy (qui interprète le rôle de Carme) voulait dire certains des poèmes de Diane Lotus lors d’un seul-en-scène. Fille de poète dont la pièce est « une forme d’hommage pour » son père, Diane Lotus, « aime énormément la poésie » et en lit « depuis des années » : « J’ai lu toute sa bibliothèque, tous les poètes classiques et modernes. Et ça m’a beaucoup inspirée. J’avais envie d’écrire le trajet d’un jeune homme qui veut ardemment vivre de sa plume, ce qui est très difficile dans le monde actuel. ». L’écriture de sa première pièce de théâtre, en tant qu’autrice, voit le jour.



Judy Passy et Diane Lotus dans Vie et Mort d’un poète (photo : Miyalink)

La liberté de créer à travers les siècles se dessine, du siècle de Louis XIV à nos jours. Carme respire la poésie « soit dans son imaginaire, soit dans tous les personnages qu’il donne à voir par sa poésie ».



Vie et mort d’un poète (photo : Miyalink)

Mêlant la prose au vers et le vers à la prose, l’écriture ciselée des répliques devient chose réaliste et un vrai bonheur pour les oreilles du spectateur. Elle émeut dans tous les sens du terme et apporte le débat sur la liberté de créer. Les éditeurs « se pensent juges, équitables et impartiaux et, finalement, il faut quand même vendre. L’édition, c’est quand même du commerce. Le principe, c’est que tout le monde comprennent et la poésie, ce n’est pas toujours compréhensible par tout un chacun si on n’a pas les références littéraires, si on n’en jamais lu. Ce n’est pas clair au premier abord, et c’est ça, il se cogne à la réalité de ce que c’est qu’une vie, un travail de poète. Le travail de poète, ce n’est pas uniquement de composer des vers et d’avoir de l’inspiration, c’est aussi d’en faire quelque chose. Ça peut être un tournant quand on se rend compte que les gens ne comprennent pas notre poésie et quand ils veulent la changer pour plaire à tous. Donc, ça s’éloigne de ses aspirations personnelles. »



L’éditeur Hortensio et le poète Carme (photo : Miyalink)

Hortensio, c’est l’éditeur, un homme intransigeant et sûr de lui. Quand il parle, on retrouve le théâtre du 17ème siècle avec sa prononciation baroque, respectant les « oué » et les « r » roulés.

Sur scène, Diane Lotus et Judy Passy sont excellents, joutant du verbe, jonglant avec les mots, sans pause, prenant le public à témoin, et montrent la richesse de la langue française dans les répliques et les silences. Il y a vraiment tout : la poésie, le théâtre et même la danse. C’est le langage du corps, le langage de l’âme, le langage de l’esprit qui ressortent de ces deux comédiens qui se dépassent pendant 1h10.

La costumière Marielle Minard apporte une autre poésie, celle de l’habit, par le langage de l’aiguille et de la coupe, couleur de neige, qui devient lumière face à la sombriété du décor. Elle apporte gaieté et dramaturgie. Les costumes sont dignes d’un défilé de mode. Conçus et réalisés en un mois et demi, ces costumes montrent une modernité et une vie telle qu’ils créent des personnages à eux seuls.

Vie et mort d’un poète se joue au Théo Théâtre, 20 rue Théodore Deck 75015 Paris (M°Convention ou Porte de Versailles ou M°Boucicaut) jusqu’au 26 février 2023.

Quand ? les mercredis à 19h30 et les dimanches à 16h30

Renseignements et réservations au 01 45 54 00 16



Carme (photo : Miyalink)


Judy Passy dans son costume « Poésie » de Marielle Minard (photo : Miyalink)

Bon spectacle à toutes et à tous !

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