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Jonathan Livingston le Goéland

Jonathan Livingston le Goéland

De Richard Bach


Par Serge Leterrier

 

Ce livre singulier est un véritable phare qui a illuminé ma vie et qui continue à éclairer cette voie innavigable que j’ai décidé d’emprunter il y a de nombreuses années. Aujourd’hui j’ai envie de partager cette lumineuse histoire avec vous et de vous présenter l’ouvrage tel  que je le ressens.

 

« Exigez la liberté comme un droit, soyez ce que vous voulez être. »

 

Dans les vastes étendues du ciel, où l'azur se mêle à l'infini, un voyageur solitaire a capturé l'imagination de millions de personnes. Ce voyageur, c'est Jonathan Livingstone le Goéland, le protagoniste immortel du livre de Richard Bach, paru en 1973.

 

Ce livre, plus qu'un simple récit, est une exploration profonde de l'aspiration à la liberté et de la quête incessante de perfection. Jonathan, notre héros ailé, n'est pas un goéland ordinaire. Il est un symbole de cette recherche intérieure et de l'ambition d’être, un oiseau qui refuse de se conformer à la médiocrité et qui s'efforce constamment d'atteindre des sommets plus élevés.


L'adaptation cinématographique de ce livre, avec sa bande sonore envoûtante composée par Neil Diamond, a ajouté une nouvelle dimension à cette histoire intemporelle. La musique, tout comme le livre, nous emmène dans un voyage émotionnel, nous rappelant que nous sommes tous, à notre manière, des goélands cherchant à voler plus haut et plus loin.

 

Alors que nous tournons les pages de Jonathan Livingstone le Goéland, nous sommes invités à nous envoler avec Jonathan, à partager ses rêves et ses défis, et à nous rappeler que, tout comme lui, nous avons le potentiel de nous élever au-dessus de nos limites apparentes.

 

L’auteur 

 

Richard Bach, né le 23 juin 1936 à Oak Park dans l’Illinois, est un écrivain américain. Il a étudié à l’université de Californie avant de devenir auteur. En tant que pilote réserviste pour l’United States Air Force, il s’est passionné durant toute sa vie pour l’aviation qui a marqué intimement son œuvre, depuis ses premiers écrits, en 1964, portant directement sur l’aviation, jusqu’aux plus récents, où le vol devient une métaphore philosophique complexe. Richard Bach a eu un énorme succès avec Jonathan Livingston le goéland (1973). Pierre-Henri Clostermann, un aviateur français et écrivain lui aussi, compare le livre au Petit Prince de Saint-Exupéry et à The Snow Goose de Paul Gallico, tous trois écrits par des aviateurs.

 

Synopsis :

 

Jonathan Livingstone est un jeune goéland en quête de liberté, d’élévation et de connaissance. Un goéland certes, mais complètement différent des autres. Pour lui, sa seule véritable nourriture est le vol. Il y trouve son plaisir, le frisson de sa vie. Il vole jour et nuit à travers les nuages pour aller plus haut, plus loin, plus vite. Il veut atteindre la perfection et l’absolue vérité. Son objectif est de dépasser ses propres limites et de donner un sens à son existence. Il va vite se rendre compte qu’il est vain de faire partager cette détermination et ses découvertes avec les membres de son clan.

 

« Mais Jon, lui demanda sa mère, pourquoi, mais pourquoi ? Est-il si difficile, Jon, d’être comme les autres membres de la communauté ?»

 

C’est ainsi qu’il est convoqué par l’Assemblée des Anciens qui lui reproche son comportement hors normes et son irresponsabilité.

 

« Mes frères ! S’écria-t-il, qui donc est plus responsable que le goéland qui découvre un sens plus noble à la vie et poursuit un plus haut dessein que ceux qui l’ont précédé ?»

 

De ses congénères, Jonathan reçoit de l’incompréhension, de la peur, du jugement et des a priori. Il est vite montré du doigt par les siens et à force de turpitudes et de vilénies et malgré sa plaidoirie, le goéland est exclu de la communauté. La sentence est applicable immédiatement. Il est condamné à vivre seul le reste de ses jours sur de lointaines falaises.

 

« Tu as le droit d’être toi-même. Tu as le droit de jouir de ton vol. Tu as le droit de partir dans l’inconnu pendant des jours ou des semaines à la fois et de ne rien dire à personne de ce que tu y découvres. »


Copyright Serge Leterrier

Mon avis

 

Cet ouvrage est plus qu’un livre, plus qu’un conte. Il est lié à mon développement personnel, à ma façon d’appréhender la vie, à la concevoir sans ce formatage sociétal. C’est une perle de bonheur dans l’océan de l’existence. Peu de livres peuvent avoir cette attraction individuelle, pour ma part il en existe seulement qu’une petite poignée. Jonathan Livingston est disposé en premier dans ma bibliothèque de l’âme, le second sera bien sûr l’excellent ouvrage de Paolo Coelho ; L’alchimiste, le troisième, frisant le positionnement précédent, est ce best-seller international d’Antoine de Saint Exupéry ; Le petit Prince et enfin dans mon miroir littéraire le roman de Arthur C. Clarke ; 2001 l’odyssée de l’espace, se place dans une belle quatrième place. Sans oublier un poème que j’affectionne particulièrement, l’Albatros de Charles Baudelaire dont je reparlerai à la fin de cet article.

 

Revenons sur cette histoire métaphorique et allégorique impliquant un jeune goéland, Jonathan Livingston. C’est une plongée dans l’anticonformisme et dans cette pensée universelle qui se développe exponentiellement de nos jours. Il faut savoir que l’auteur a écrit ce livre à la fin des années 60. C’était une autre époque, une autre vibration. Mais comme tous ces auteurs inspirés, ce récit nous apporte aujourd’hui un courant nécessaire à notre développement  intérieur.

 

C’est une histoire qui nous entraine hors de la caverne dans laquelle nous sommes enfermés. Elle suit la célèbre allégorie du livre de Platon, La République. Aujourd’hui, nous devons prendre conscience de notre for intérieur pour espérer vivre notre extérieur et ainsi sortir de la caverne. C’est dans une réalisation de Soi que nous pouvons le faire. Le livre de Richard Bach, en moins de 100 pages, nous le démontre magistralement avec beaucoup de simplicité et d’altruisme.

Malgré les obstacles qu’il rencontre, le goéland ne se laisse pas dicter ses choix par les traditions du clan, ni par le formatage de cette société liée uniquement à la recherche de nourritures terrestres. Les plumes sifflant au vent, Jonathan multiplie les records de vitesse (380 km/h !) et ses acrobaties aériennes uniques dans l’histoire terrestre des goélands. C’est lors de son bannissement, dans la force, la souffrance de l’exil et sa marginalisation qu’il rejoint les grandes falaises, au-delà du territoire du clan. C’est à ce moment qu’il rencontre deux goélands « purs comme la lumière des étoiles», des anges recteurs, dans une envolée lyrique, qui lui proposent de le guider vers un lieu mystérieux. Cette histoire magnifique commence à cet instant, un véritable récit du cœur qui va nous envouter jusqu’à la fin.

 

« C’est donc cela le paradis…»

 

Sur ce mystérieux territoire Jonathan va partager ses aspirations avec d’autres goélands ayant les mêmes passions que lui :

 

« … Pour chacun d’eux, l’important était de voler et d’atteindre la perfection dans ce qu’ils aimaient le plus : voler »

 

Le perfectionnement, le processus de réalisation du Soi, l’éveil de conscience, la découverte du chemin de la liberté, de sa liberté, sont les mots maîtres de ce récit impétueux et onirique.

Le rêve n’est-il pas une part de notre réalité intérieure ?

 

C’est en ce lieu que Jonathan rencontre son mentor Chiang, l’Ancien des Goélands. Il est celui qui lui enseigne de voler par la pensée.

 

« Pour voler à la vitesse de la pensée vers tout lieu existant, dit-il, il te faut commencer par être convaincu que tu es déjà arrivé à destination »

 

Le dernier message, fort, de Chiang l’Ancien, avant de quitter Jon sera le suivant :

 

 « …continue à étudier l’Amour.»

 

 Et c’est cet amour qui pousse Jonathan à retourner sur terre, auprès de son ancien clan, malgré les risques :

 

«…Pour lui, démontrer l’Amour, c’était transmettre à un goéland trébuchant dans la solitude, à la recherche de la vérité, un peu de cette vérité que lui, Jonathan, avait découverte »

 

Et c’est là, sur terre que la magie va s’exprimer, celle que nous vivons aujourd’hui, ensemble dans une communauté de pensée… Mais je n’irais pas plus loin dans le texte pour vous laisser le plaisir d’en découvrir cette quintessence qui nous emporte plus haut, toujours plus haut, au-delà de nos limites, celles qui pour les autres, sont impossibles à dépasser… et pourtant !

 

« …Ne te fie pas à tes yeux. Tout ce qu’ils te montrent, ce sont des limites, les tiennes. Regarde avec ton esprit, découvre ce dont, d’ores et déjà, tu as la conviction et tu trouveras la voie de l’envol…»

 

Copyright Serge Leterrier

L’Albatros de Baudelaire (Les fleurs du Mal)

 

Comme je l’ai écrit dans cet article, un autre texte a impressionné ma vie d’étudiant et a continué à faire son chemin durant toute mon existence. Ce texte est  L’Albatros, un poème de Charles Baudelaire tiré de son recueil Les Fleurs du Mal. Dans ce poème, Baudelaire compare le poète à un albatros, un oiseau majestueux en vol, mais maladroit et ridiculisé une fois au sol. C’est une métaphore de la condition du poète dans la société, capable d’atteindre des sommets de beauté et de sublimité dans son art, mais souvent incompris et moqué par ceux qui ne peuvent pas apprécier sa vision. Cette image m’a accompagné dans toutes mes quêtes, qu’elles soient artistiques ou purement matérielles, ayant dans l’analyse de ce texte puisé la quintessence de cette allégorie.

 

Jonathan Livingstone le Goéland, comme nous venons de le voir, raconte l’histoire d’un goéland qui aspire à voler plus haut et plus vite que tout autre goéland. Il est rejeté par sa communauté pour avoir cherché à dépasser les limites de ce qui est considéré comme normal pour un goéland. Ce livre est un apologue de l’individu qui cherche à se surpasser, à atteindre cette perfection, même si cela signifie être incompris ou rejeté par la société.

 

Il y a, comme nous pouvons le constater, un chemin  communs entre ces deux œuvres. Toutes deux explorent l’idée de l’individu qui s’efforce d’atteindre ce que d’autres appellent l’impossible accès, que ce soit dans la vie,  l’art ou dans le vol. Le vol étant, à ce niveau,  l’ascension de l’être dans sa recherche de vérité.

 

Cependant, alors que L’Albatros se concentre sur la douleur et la souffrance du poète/albatros, Jonathan Livingstone le Goéland offre une vision plus optimiste. Jonathan, malgré son exil, continue à chercher la perfection et finit par trouver une communauté de goélands qui partagent sa vision. Cela suggère que, bien que cette quête puisse être solitaire, elle peut aussi mener à la découverte de nouvelles communautés et à l’accomplissement de soi.

 

Jonathan Livingstone le Goéland et L’Albatros abordent des thèmes similaires, mais ils offrent des perspectives différentes sur la quête de cette vérité individuelle et la place de l’être dans la société. Ils nous rappellent tous deux la beauté et la valeur de la poursuite de nos passions, même face à l’incompréhension ou au rejet. Les deux sont pour moi complémentaires et définissent l’être dans son devenir sans porter l’étiquette de la conformité.


Copyright Serge Leterrier

Pour conclure avec l’ouvrage de Richard Bach, Jonathan le goéland nous rappelle que chaque individu a le potentiel de transcender ses limites apparentes et d’atteindre l’excellence. Il souligne également que le véritable échec n’est pas de ne pas atteindre la perfection, mais de ne pas aspirer à elle.

 

Enfin, Jonathan Livingstone le Goéland nous enseigne que la liberté est intrinsèquement liée à notre capacité à défier les normes et à suivre notre propre chemin. C’est un appel à embrasser notre individualité et à poursuivre nos passions, quelles qu’elles soient.

 La seule vraie loi est celle qui mène à la liberté, »  dit Jonathan. « Il n'y a pas d'autre loi ! 

Je vous souhaite une merveilleuse lecture…


Copyright Serge Leterrier

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